Encore trois jours et Hollywood pourrait connaître une désagréable surprise sous la forme d'une nouvelle grève, celle des acteurs. Si au 30 juin, date fatidique, aucun accord n'est trouvé, l'été risque d'être chaud bouillant sans la Cité des anges, pas en terme de température, quoi que, mais concernant l'ambiance susceptible de découler d'un arrêt de travail.
Imaginez un peu, tous les plateaux de tournages fermés, pas un spot éclairé, aucune valse de limousines déposant et reprenant les bouquets de stars... L.A. morne plaine. Pour tenter d'éviter pareil paysage de désolation, on s'active ferme en coulisses. Premier à monter au front George Clooney.
En grand utilisateur du mode épistolaire, il s'est fendu d'une bafouille envoyée au deux camps, les pros SAG (Screen Actors Guild) et les défenseurs de l'AFTRA (American Federation of Television and Radio Artists), dans laquelle il déplore les possibles dégâts d'un éventuel arrêt de travail. « Les deux camps ont raison, explique l'acteur, leurs arguments tiennent la route. L'AFTRA pense qu'une grève serait dévastatrice pour ses membres (quelque 74 000), et la SAG (120 000 membres) estime que si l'on ne trace pas une ligne sur le sable, les studios répèteront ce qu'ils ont fait avec les DVD. »
Tout doit normalement s'arrêter le 30 juin à 12h01. Juste avant de passer à table. Mais Clooney ne l'entend pas ainsi. Il jette ses dernières cartes dans la bataille. « Nous ne pouvons monter les artistes les uns contres les autres, car opposer Jack Nicholson membre d'un syndicat à Tom Hanks adepte d'un autre, fait tout bonnement le jeu des studios. »
Les deux syndicats se rejettent les responsabilités. Les membres de l'AFTRA devraient ratifier l'accord passé avec l'AMPTP voilà déjà quelques semaines, accord dénoncé par la SGA. Pour éviter l'irrémédiable, George Clooney propose qu'un panel de dix stars, comprenant éventuellement Nicholson et Hanks, s'assoit avec des producteurs une fois l'an pour ajuster les salaires des comédiens sur le nouvel agenda que la SAG et l'AFTRA sont en train de mettre au point. Chaque acteur de renom donnerait 6000$ sur chaque million perçu. « Par exemple, si l'un touche 20 millions il en donne 120 000 au syndicat pour ainsi aider les autres. » Sacré George ! Tout en précisant que cette idée pouvait très bien se dégonfler tel un ballon, il attend désormais une réponse des deux principaux intéressés.
Jeudi, l'AFTRA a envoyé un message à ses confrères de la SAG en leur disant « Ne vous embourbez pas dans une grève. » Quoi qu'il en soit, elle ne pourra être déclenchée qu'avec l'approbation de 70 % et un peu plus des 120 000 membres du syndicat. Mais ça chauffe de plus en plus !